Chers Lectrices, chers Lecteurs de notre Revue,

L’Équipe de la rédaction de la Revue de l’Université du Burundi – Série sciences humaines et Sociales – est heureuse de vous présenter sa nouvelle publication, le numéro 17.

Après plus de cinq ans sans paraître, ce nouveau numéro vient comme un message fort. La Revue est toujours là. Elle a toujours l’ambition de rester auprès de ses lecteurs. Elle est à l’écoute des besoins de ses contributeurs. C’est pour cela que ce numéro inaugure une étape importante dans l’histoire de la Revue. Désormais, la revue de l’Université du Burundi – Série Sciences Humaines et Sociales – se veut bilingue (français et anglais).

C’est pourquoi, l’Équipe de Rédaction est très reconnaissante envers tous les contributeurs qui ont fait confiance à notre Revue en y soumettant leurs articles. Ils nous ont partagé  leurs analyses et réflexions que nous partageons, à notre tour, avec la communauté universitaire locale, nationale et internationale. Nous espérons que ce numéro vous plaira.

Les échos de cette Revue commencent à porter plus loin. Au-delà de notre Institution universitaire, d’autres scientifiques commencent à s’intéresser à la Revue. En témoigne de nombreuses propositions d’articles qui ont afflué vers la rédaction en provenance du monde entier. C’est donc  rassurant. Nous encourageons le public universitaire burundais à faire sienne cette Revue.

Ce nouveau numéro arrive au point nommé. Il est publié sous le thème « Les fondamentaux du développement ». Les questions du développement restent une préoccupation pour nos jeunes États en transition vers la modernité. Le sens du développement retenu par ce numéro est global tel que défini dans le Rapport de la Commission Sud  rédigé sous l’autorité de l’ancien président tanzanien Julius Nyerere.  Sa définition est censée synthétiser les aspirations et les politiques des pays en développement :

« le développement est un processus qui permet aux êtres humains de développer leur personnalité, de prendre confiance en eux – mêmes et de mener une existence digne et épanouie. C’est un processus qui libère les populations de la peur du besoin et de l’exploitation et qui fait reculer l’oppression politique, économique et sociale. C’est par le développement que l’indépendance politique acquiert son sens véritable. Il se présente comme un processus de croissance, un mouvement qui trouve sa source première dans la société, elle – même en train d’évoluer » (Rapport de la commission Sud, 1990 : 10- 11).

Ce numéro contient 8 articles abordant chacun un aspect du développement selon les regards des sciences humaines et sociales (la science politique ; la linguistique ; la philosophie du développement ; le droit des assurances et les littératures et la résolution des conflits, etc.).

L’article que nous présentent Barumwete Siméon et Hajayandi Nicolas porte sur « la corruption et le développement au Burundi ». Depuis son indépendance, le Burundi est classé parmi les pays les plus pauvres du monde. Les auteurs de cet article se demandent si la corruption, devenue endémique, constitue un facteur de maintien du Burundi dans le sous – développement. Après avoir analysé et cherché à comprendre les effets négatifs de la corruption sur le développement, ils identifient les pistes d’une action publique anti – corruption efficace susceptibles d’éradiquer la pauvreté et réaliser le développement intégré au Burundi.

L’article de Bigirimana Clément, Ntiranyibagira Constantin et Nduwingoma Pierre aborde la thématique sur « la crise socio – politique et l’enseignement du français au Burundi ». A travers les différentes crises répétitives qu’a connues le Burundi, les auteurs de cet article affirment que l’enseignement du français s’est heurté aux diverses difficultés en rapport avec la qualité des enseignants ; le retour des réfugiés venant des pays anglophones, la pléthore des classes, etc. qui n’ont fait que baisser le niveau en français de beaucoup de Burundais. L’article en question explore les conséquences d’une crise socio – politique sur le paysage sociolinguistique burundais.

L’article de Kazoviyo Gertrude porte sur les « langues et intégration régionale : contribution à l’élaboration de la politique linguistique ». Madame Kazoviyo part du constat qu’à sa naissance en 1967, la Communauté de l’Afrique de l’Est était composée uniquement par des pays anglophones. Mais à partir de 2007, l’entrée dans cette communauté de nouveaux membres non nécessairement anglophones s’accompagne inévitablement de nouveaux besoins d’ordre linguistique. C’est dans cette optique que cet article formule des propositions pour actualiser la politique linguistique de la communauté.

L’article de Nzibavuga Viator aborde la problématique du « développement dans les quartiers périphériques du Nord de la ville de Bujumbura ». Cet article nous présente une analyse critique de l’établissement de l’homme dans des lieux réputés très dangereux. A partir des données de l’observation et des documents écrits, l’auteur de cet article explique que l’occupation anarchique des quartiers Nord non viabilisés témoigne de la crise de la raison et non celle du développement. Il conclut que le développement de la ville dans les zones périphériques du Nord de la ville de Bujumbura prouve la crise de la rationalité.

L’article de Nizigiyimana Désiré Louis porte sur « political perspective (s) for the promotion and the development of moral intergrity in society. A critic to Ronald Dworkin ». Monsieur Nizigiyimana Désiré Louis prend position entre deux stratégies de promotion de l’intégrité morale dans une société : c’est-à -dire l’approche paternaliste et l’approche libérale. L’entrée théorique de référence lui est donnée par Renald Dworkin. Celui-ci défend l’approche libérale. Si l’auteur de l’article reconnait certains points de force de l’argumentaire de Renald Dworkin, il montre que dans certaines circonstances l’approche paternaliste est utile et nécessaire.

L’article de Ciza Donatien traite de la « problématique de la mise en œuvre du droit à l’égalité dans l’octroi de l’indemnisation des préjudices causés par les accidents de véhicules automoteurs au Burundi ». Cet article montre que les accidents de roulage portent souvent atteinte à la vie ou à l’intégrité physique de la personne humaine à cause de certains préjudices. L’auteur remarque que même si le législateur burundais a prévu un régime de l’indemnisation des préjudices, force est de constater qu’il n’a pas respecté le droit à l’égalité entre les victimes puisque l’indemnisation varie selon que les fortunes ou revenus des victimes des accidents sont différents. L’intérêt de cet article est triple. D’abord, il nous montre en quoi la loi sur les assurances ne répond pas aux impératifs fondamentaux des droits de l’homme qui sont reconnus à la fois dans la Constitution du Burundi et dans les autres conventions ratifiées par le Burundi. Ensuite, il relève les points sur lesquels, cette loi est inconstitutionnelle. Enfin, il énumère les pistes pour son amendement afin qu’elle réponde aux exigences constitutionnelles et aux droits de l’homme puisque le droit à l’égalité est consacrée par les instruments juridiques nationaux et internationaux.  

L’article de Marie-Thérèse Toyi traite « the Role of Literature in Conflict Resolution and Humanism Restoration ». L’auteur de l’article nous montre que la littérature n’est pas seulement considérée comme un instrument fictif de divertissement, mais aussi comme un outil de changement social. Dans cette optique, les écrivains utilisent la littérature à des fins de résolution des conflits à tous les niveaux (national et international) car leurs textes peuvent exercer une influence considérable sur leurs lecteurs du monde entier. Cet article part de deux textes principaux « Invisible man » de Ralphe Ellison et « Time of The Butcherbird » d’Alex la Guma pour analyser les relations entre la littérature, la résolution des conflits et l’humanisme. L’idée principale de l’auteur est que les conflits internes et internationaux peuvent être compris et résolus à travers l’outil littéraire.

Enfin, le dernier article est de Ndongo Kamden Alphonse du Nigéria. Il porte sur les « Trajectoires littéraires vers une émergence à visage humain de l’Afrique ». L’auteur part des travaux publiés du Colloque tenu à l’Université  Saint – Jérôme de Douala en 2014. Il nous montre qu’à l’époque de la négritude, l’écrivain africain a défini les valeurs africaines à partir du discours que le blanc avait tenu sur le noir. Cette écriture était à la fois une écriture de justification et du démenti. L’émergence à visage humain de l’Africain exige aujourd’hui un nouveau discours dans lequel les rapports paradigmatiques entre le Moi et l’Autre ne souffriraient d’aucune forme de complexe et où l’Africain quitterait la périphérie pour occuper le centre.

Le nouveau numéro de la Revue de l’Université du Burundi – Série Sciences Humaines et Sociales – offre aux lecteurs une série d’articles riches de contenus provenant à la fois des contributeurs scientifiques de l’Université du Burundi et ceux d’ailleurs.  Chaque article apporte une saveur et une spécificité pour nous faire entrer et faciliter notre compréhension du vaste champ du développement.

L’année 2020 ouvre une nouvelle ère de la Revue de l’Université du Burundi – Série Sciences Humaines et Sociales. Son Équipe de rédaction s’engage à être de plus en plus proche de son public universitaire burundais, africain et international. Pour cela, elle compte sur le soutien de chacun pour relever ses principaux défis (sa régularité et son indexation) dans un proche avenir.

 C’est sur ces mots, chères Lectrices, Chères Lecteurs que nous vous souhaitons bonne lecture et sollicitons votre bienveillance pour rester à nos côtés.

 

La rédaction

Published: 2020-06-09